Face aux flots débridés, l

a falaise se donne des airs de maîtresse.

Comme si l’infini en elle Offrait à l’âme en peine un port d’attache.

 

Malgré elle pourtant,

Exposée au vent et à la pluie,

Elle se lézarde et s’écroule,

Sous les yeux perplexes des témoins du temps.

 

Le nuage goguenard et bedonnant musarde ici et là,

S’amuse de l’orgueil de ses pesants compagnons,

Dont les lamentations s’éteignent dans le silence de l’azur profond.

Le pied dénudé hésite sur le chemin caillouteux

à franchir le prochain pas.

Ce doute éclaire la voie plus sûrement que toute assurance.

Il donne la force au pèlerin de s’élancer, avec un cœur léger, dans l’inconnu familier.

 

Yves Saillen