Le chêne

 

Arbore une mine dubitative

 

Devant les fleurs

 

                                              

 

                                               Bashô (1644-1694)

 

 

 

Ces fleurs des champs. Quelle merveille !

 

Soleil matinal, elles s’éveillent,

 

saluent les trois chênes qui bordent le chemin.

 

 

 

Ces trois chênes. Quelle merveille !

 

Elan vigoureux des profondeurs de la terre

 

vers le bleu infini.

 

Lente ascension que ne retiennent ni les grisailles hivernales,

 

ni les sécheresses estivales.

 

Ces musiciens sans visage composent perpétuellement la symphonie universelle.

 

Ces témoins silencieux et majestueux, détenteurs d’une sagesse sans nom,

 

ne savent rien et pourtant tout s’accomplit.

 

Ils illuminent le cœur humain.

 

 

 

L’humanité. Quelle merveille !

 

Tout est possible.

 

Capable de l’infini et de son contraire.

 

Capable d’aimer et d’oublier qu’elle aime,

 

pour mieux aimer encore.

 

Capable d’être pleinement présente,

 

elle s’émerveille et découvre qui elle est.

 

 

 

L’homme. Quelle merveille !

 

Amie, ami, ne t’arrête pas, chante et dance,

 

la marche est sans fin.

 

 

 

 

 

 

Yves Saillen